Voyages “olfictifs” en première classe

L’odeur enivrante des polycopiés

Sitôt réceptionné c’est le cuir de Russie qui s’affiche en note de tête. Parfum chargé de promesses insolites, historiques ou géographiques. Annonciateur de voyages aux destinations curieuses, un peu sinueuses, souvent hasardeuses, toujours aventureuses. Un parfum d’homme entêté et cabochard féru de sciences et vie de la terre, de terroirs physiques et d’alchimie.

Puis en catimini surgit la note de cœur, la senteur devient diaphane délicatement poudrée, féminine. L’émanation chyprée encore tiède de l’encre violette est irrégulière, instable, laissant languir d’indéchiffrables formules mathématiques délavées, chipées aux hiéroglyphes incas, d’une beauté graphique insolée et insolente. Un arôme sans évoquer les arts, la littérature, la gestation en devenir. Familière et protectrice.

Je me fichais bien de la note que l’étude de ce polycopié allait me rapporter. La seule qui envahissait tout mon odorat à présent était celle de fond. Je larguais les amarres sur des effluves suaves et boisées pour une croisière onirique sur des romans fleuve que j’empruntais malicieusement barrée avec pour destination cette échappatoire olfactive ad libitum.

Voyage toujours en cours

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Peut-on être daltonien de l’odorat ?